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De la Justice comme accord mutuel – Ou pourquoi doit-on obéir aux lois?

« La justice n’existe que quand les hommes sont aussi lié par la loi » Aristote

L’Homme a en tout temps créé des concepts abstraits et moraux pour lui permettre de faire société. Mais si ces concepts sont souvent très présents et très utilisés, ils ne sont que très rarement étudié et leur signification profonde n’est que rarement recherchée. La Justice, à l’instar du Bien ou de la Vérité fait partie de ceux-là. Ainsi, qu’est-ce qu’être juste ? Pourquoi l’être ? Quel intérêt ?

La Justice comme souvent présenté par la Religion est une justice à caractère universel et ne repose donc pas sur des principes fixes et établit, vu que par définition elle est d’émanation non humaine à savoir ici divine. Cette justice doit être interprétée par chacun de manière personnelle et chacun peut décider de ce qui lui semble être juste ou non vu qu’aucune indication ne vient l’aider à faire ce choix. On se retrouve ainsi avec autant de justice que d’individus avec parfois même des interprétations contradictoires. On va par conséquent se retrouver dans des situations ou un individu va, alors que pour lui cette action est juste, faire une action à nos yeux injustes. Ce qui est évidemment inacceptable vu que l’essence même de ces valeurs est qu’elles doivent être partagée afin de rendre la cohabitation en société possible et profitable pour tous. Chacun voudra donc imposer son interprétation de la justice qui devrait être partagé, mais de quel droit le pourrait-il puisque cette justice est justement universelle et s’adresse à chacun de manière égale. On ne peut décider que l’interprétation d’un individu est d’avantage correct que celle d’un autre. Il faut donc absolument établir des principes de bases considéré comme juste, qui permette à ce que cette valeur puisse etre partagée. Mais cela rend toute idée de justice universelle ou naturelle caduque.

Cela fait nous pouvons donc maintenant partir à la recherche de ces principes. Pour ce faire partons de cette interrogation : pourquoi tout compte fait être juste ? En effet, il semblerait de prime abord être beaucoup plus dans l’intérêt de chaque individu de faire des actions profitables pour lui sans se soucier de principes moraux comme celui de la Justice. Après tout, ce genre d’action nous est bénéfique et nous apporte un avantage alors pourquoi s’en priver ? Sauf que si nous-même nous en tirons un bénéfice cela se fait souvent au détriment d’autres individus. Or le désavantage reçu lorsque nous sommes victimes de ce genre d’action est supérieur à l’avantage que nous percevons en étant l’instigateur de cette action. En effet, dans le premier cas nous perdons quelque chose considéré comme acquis alors que dans le second, ce n’est que quelque chose qui ne nous appartenait pas. Il y a donc un intérêt purement pratique à ce que nous établissons un accord consistant à s’abstenir de ce genre d’action afin de ne pas subir ses désavantages lorsque nous en sommes les victimes quitte à ne pas percevoir ses avantages (moindres) lorsque nous en sommes l’instigateur. Cela est ainsi à la base de la Justice car profitable à tous. Cet accord permet, au contraire de la Justice universelle, d’établir un cadre aux rapports entre individus leur permettant de faire société.

Ainsi, les lois ne sont que les formes supérieures de ces accords entre individus car elles sont issues de ces même individus et vont donc dans leur intérêt ou du moins de ce qu’y est sensé être leur intérêt. Par définition, les lois sont donc en essence, indépendamment de ce qu’elles contiennent, profondément juste vu qu’elles sont les produits de ces accords entre individus. C’est en conséquent bien l’action de ne pas les respecter au nom de considérations personnelles qui est injuste car ne respectant pas l’accord produit par le collectif.

Seulement l’Homme étant par nature imparfait, il est incapable de réaliser un accord qui va parfaitement dans son intérêt et par conséquent ces accords justes en essence peuvent être injustes en fait. En effet, ceux-ci et donc également leurs formes supérieurs à savoir les lois ne répondent pas parfaitement aux conditions pour lesquelles elles ont été établit. Une action n’est donc pas juste dans l’absolu mais dépend de son cadre, elle l’est par rapport à celui-ci. Le degré de perfection de la justice va ainsi être proportionnel au dégrée de perfection de son accord.

Les cadres et donc les justices n’étant pas parfaits et fixes, il est ainsi tout à fait justifiable de réaliser une action injuste par rapport au cadre actuel mais qui pourra à l’avenir être reconnu comme juste, par rapport à un nouveau cadre. C’est le cas par exemple de la lutte contre l’esclavage, lutte injuste pour la justice du XVIIème mais qui l’est bien pour celle du XXIème.

Nous pouvons conclure en définissant une action juste comme conforme à un accord mutuel vissant à l’intérêt de chacun. Mais ces accords n’étant pas parfaits, la perfection de la justice est toute relative et cette justice n’est surtout pas fixe. Mais malgré leur imperfection, ces accords apportent le socle de Justice sur lequel il est possible de faire société.

AdB

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